La rentrée scolaire du 1er septembre 2026 à Bunia s’est déroulée dans une grande confusion, opposant la décision du gouvernement de privilégier l’enseignement à distance dans les zones à risque et la réalité du retour massif des élèves en présentiel.
À Bunia, épicentre de l’épidémie d’Ebola en Ituri, enseignants et élèves ont repris le chemin des classes. Cette décision locale contredit la stratégie du gouvernement, qui avait pourtant annoncé une « rentrée différenciée » dès le 19 août 2026.
Selon ce plan, les zones rouges (à haut risque) comme Bunia devaient appliquer l’enseignement à distance, tandis que les zones oranges maintenaient le présentiel avec des mesures sanitaires renforcées. La ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, avait précisé qu’il s’agirait d’un dispositif « léger » reposant sur des feuilles pédagogiques imprimées et des émissions radiophoniques.
Face à cette confusion, la Société Civile du Congo (SOCICO) a vivement interpellé les autorités, dénonçant un risque sanitaire accru. Des conducteurs de moto-taxi ont également exprimé leur incompréhension et appelé au respect strict des gestes barrières.
Les écoles ont dû s’adapter en instaurant des mesures comme :Lavage des mains et contrôle de température à l’entrée, Limitation à deux élèves par banc pour réduire les contacts et Aménagement de salles d’isolement pour les cas suspects.
Ce retour en classe intervient alors que l’épidémie reste active. Début septembre 2026, on dénombrait 6 186 cas confirmés et plus de 1 000 décès au niveau national, dont 3 460 cas et 1 464 décès rien qu’en Ituri.
La SOCICO et les acteurs locaux appellent donc à une urgence : clarifier les consignes, harmoniser les discours entre les ministères et appliquer strictement les mesures barrières pour éviter une crise sanitaire et pédagogique.
En résumé, la rentrée à Bunia est marquée par un conflit entre la théorie (enseignement à distance) et la pratique (présentiel) , exposant la population à des risques sanitaires dans un contexte épidémique déjà critique.
Augustin MUMBERE KITI